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Gouvernance Mondiale Dissertation Definition




Objectif du chapitre

  • Questionner une dernière échelle de gouvernance apparue à la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette fois-ci au niveau mondial.

 

Définitions

  • Gouvernance : La gouvernance désigne un pouvoir plus souple que celui du gouvernement (il est impossible de réaliser un gouvernement, pouvoir politique officiel, à l’échelle mondiale !) mais plus abouti qu’une simple collaboration entre les pays.

 

Problématiques

En quoi la gouvernance économique mondiale a-t-elle progressé depuis 1975 ?

Les progrès réalisés pour construire une gouvernance économique mondiale se sont-ils traduits par une régulation plus efficace de la mondialisation économique ?

La gouvernance mondiale ne masque-t-elle pas l’hégémonie d’un petit groupe d’États ?

 

La gouvernance économique mondiale s’est construite avec la mise en place d’institutions internationales et d’un système monétaire basé sur le dollar au sortir de la guerre en 1945. Les États-Unis en étaient le chef de file et le moteur. Dans les années 1970, le changement de contexte économique et politique (mondialisation, libéralisme, recul de l’intervention de l’État) et la fin du système de Bretton Woods (accords de Kingston en 1976) modifient le fonctionnement de ce système. Aujourd’hui, l’importance croissante de nouveaux acteurs (pays émergents, acteurs non étatiques) et de nouveaux risques (crises financières) impose une réflexion nouvelle sur la gouvernance économique mondiale.

 

1. Les principaux acteurs et organisations de la gouvernance économique mondiale

 

  • Rôle et fonctionnement des organisations internationales

Nom de l’institution

But

Date

Missions

FMI (Fonds Monétaire International)

FINANCE

régulation de l’activité économique

1945

Gérer le nouveau système, veiller à la stabilité des taux de change, veiller au respect de ses règles par les États membres et éventuellement leur venir en aide en cas de difficultés (si balance des paiements déficitaire). Le financement provient de chaque État membre qui assure une quote-part proportionnelle à sa richesse.

Banque Mondiale

DÉVELOPPEMENT

Redistribution vers les plus pauvres

1945

Financement de la reconstruction d’après-guerre. Puis financement du développement des pays dits du tiers-monde.

GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) (devient OMC : Organisation Mondiale du Commerce)

COMMERCE

Réglementation des marchés

1947

1995

Abaissement des frais de douane et code de bonne conduite (les pays s’engagent à ne pas suivre une démarche déloyale). Se présente comme un forum de discussion entre les États membres.

Avec l’OMC, les accords sont élargis à de nouveaux domaines (agriculture, services…).

 

  • Une gouvernance sous la direction des principales puissances économiques mondiales.
  • Le système économique international mis en place en 1945 après la fin de la guerre s’est construit sous le parrainage des États-Unis (domination du dollar, position centrale dans les institutions internationales).
  • En 1975, le sommet du G6 confirme l’importance des grandes puissances occidentales : il rassemble les 6 pays les plus puissants du monde États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Japon. Il devient le G7 en 1975 (avec le Canada), puis le G8 (avec la Russie) en 1998. C’est une institution essentiellement interétatique qui vise à renforcer les liens entre les pays de la Triade dans le contexte de la crise économique amorcée avec le choc pétrolier de 1973.
  • Mais les pays émergents revendiquent une plus forte participation. En 2008, le G8 devient G20. Pays émergents y sont présents mais souhaitent peser davantage dans les décisions. En 2010 a lieu une réforme du droit de vote au FMI pour leur donner une plus grande part de décision.
  • Les pays émergents organisent aussi des sommets parallèles, comme le premier sommet des BRICS, en avril 2011. La nécessité pour ces pays de s’organiser de manière volontariste souligne que la gouvernance mondiale se fait sous la direction des principales puissances économiques mondiales qui continuent à pratiquer une diplomatie de connivence, se contentant d’ouvrir leurs clubs aux émergents.

 

  • Le rôle des acteurs non étatiques.
  • La gouvernance économique mondiale n’est pas seulement l’affaire des États et des institutions internationales. Les FMN (Firmes MultiNationales), les ONG (Organisations Non Gouvernementales) et les communautés scientifiques œuvrent en faveur d’une gouvernance mondiale qui ne tienne pas compte des frontières et qui pense autrement les échanges (exemple du commerce équitable).
  • Fondation à but non lucratif, le Forum économique mondial qui se tient à Davos, en Suisse, tous les ans, regroupe des dirigeants politiques mais aussi des chefs de grandes entreprises, des journalistes, des intellectuels/universitaires afin de débattre sur les grandes questions planétaires. La gouvernance économique mondiale n’est donc pas l’apanage de la classe politique mais concerne aussi la société civile.

 

2. Les domaines d’action de la gouvernance mondiale

 

  • Favoriser les échanges
  • En créant les institutions économiques internationales en 1945, les États-Unis pensaient augmenter les échanges dans le but d’agrandir leur influence, mais aussi de garantir la paix. Au milieu des années 1970, la volonté d’une reprise de la croissance après les chocs pétroliers se traduit, sous l’influence des idées libérales, par l’adoption de législations favorables aux échanges : privatisation des entreprises publiques, déréglementation de la finance, valorisation du pouvoir d’autorégulation des marchés et des acteurs privés comme les agences de notation. La mondialisation est donc largement liée aux décisions politiques prises dans le cadre du système économique international.

 

  • Réguler l’économie ?
  • Dans les années 1990, l’idée d’une régulation de la mondialisation est relancée. Mais les institutions d’après-guerre semblent insuffisantes, comme le simple dialogue interétatique au sein de clubs comme le G6. C’est à ce moment-là qu’apparaît la notion de gouvernance, qui permet de concevoir une association d’acteurs différents à toutes les échelles et de proposer une forme de gestion à mi-chemin entre un gouvernement mondial irréalisable et une simple collaboration entre les nations. Les crises des années 2000 renforcent l’importance d’une régulation des mouvements financiers. Le G20 propose le contrôle des activités de marché pour réduire les risques de faillite, et un assainissement du système financier (contrôle des paradis fiscaux, encadrement des rémunérations des dirigeants). Mais ceux-ci restent difficiles à mettre en place.

 

  • Intervenir dans d’autres secteurs
  • Les forums mondiaux organisés par les ONG ont amené une perspective élargie de l’économie, pas seulement centrée sur la finance et le commerce.
  • Le sommet de Rio, en
 1992, introduit la notion de développement durable et la préoccupation à la fois d’une redistribution des richesses et d’une préservation des ressources naturelles, actuellement surexploitées et polluées. Mais la non-ratification du protocole des Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre par les États-Unis, pourtant principal émetteur de la planète, montre les limites de ces sommets pour ce qui est des applications concrètes et de leur traduction politique.

 

Conclusion

La gouvernance économique mondiale résulte de l’action d’une multitude d’acteurs engagés dans une volonté de dialogue, de concertation et de débat. Mais on y lit aussi des rapports de force et l’affrontement de logiques diverses et concurrentes. Elle est insuffisante et critiquée.

 

 

À l’examen

Un sujet de composition « La gouvernance économique mondiale depuis 1975 » ou une étude de documents peuvent être proposés.

 

Corrigé

Ce corrigé est proposé sous forme de plan détaillé.

Introduction

En 1944, la victoire des Alliés sur les forces de l’Axe se profile. Les futurs vainqueurs réfléchissent à l’après-guerre, et des institutions sont arrêtées lors de la conférence de Bretton Woods.

Quelle gouvernance économique est-elle alors mise en place et comment celle-ci évolue-t-elle jusqu’à nos jours ?

Plusieurs étapes s’en dégagent : celle de la reconstruction et des Trente Glorieuses (1944-1971), celle de la crise jusqu’à la fin de la guerre froide (1971-1991), puis celle de la mondialisation (1991 à nos jours).

I. 1944-1971, une gouvernance partagée dans le cadre de la guerre froide

1. Le système de Bretton Woods, reflet de la domination américaine

  • Deux visions s’opposent en 1944. Celle de l’Américain Harry Dexter White, qui propose un fondé sur le dollar, s’impose. Présente à Bretton Woods, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) refuse quant à elle d’adhérer au système.
  • Seule monnaie à garder une parité fixe en or, le devient monnaie de réserve internationale.
  • De nouvelles institutions voient le jour : le Fonds monétaire international () veille à la stabilité des monnaies entre elles ; la Banque internationale pour la reconstruction et le développement () aide à l’effort d’après guerre. Enfin, en 1947, le General Agreement on Tariffs and Trade () vise à réduire les taxes douanières pour favoriser les échanges.

2. Le contre-modèle soviétique, une gouvernance « socialiste »

  • L’URSS refuse le conçu comme une arme économique pour contrer l’expansion du communisme. Elle impose ce refus à ses alliés.
  • Sur les fondements du socialisme, l’URSS crée en 1949 un système de coopération économique pour les pays du bloc de l’Est : le Conseil d’aide économique mutuelle () vise à harmoniser les plans des pays « frères ».

3. Les systèmes concurrents permettent la reconstruction

  • La stabilité des taux de change favorise la reconstruction de l’Europe de l’Ouest. L’Occident connaît une période de prospérité : les . De son côté, le CAEM fait front et les pays du camp socialiste reconstruisent les bases de leur développement.
  • Par le traité de Rome en 1957, six États d’Europe créent une Communauté économique européenne (). Des programmes de coopération se mettent en place sous le contrôle d’institutions plus ou moins supranationales.
  • Malgré leur volonté affichée à la en 1955 de former un tiers bloc, les pays décolonisés s’alignent sur les modèles existants.

De 1944 à 1971, deux systèmes rivalisent et se partagent le monde en . Mais l’évolution du contexte mondial les rend moins légitimes.

II. 1971-1991, une gouvernance bipolaire en crise

1. La fin du système de Bretton Woods

  • Sous la double pression d’un déficit chronique de la balance des paiements américaine et de la demande de la France de convertir ses dollars en or, le système monétaire se dérègle. Le président américain en 1971.
  • Le de 1973 et l’absence de système monétaire stable freinent les échanges et ralentissent la croissance mondiale.
  • Les pays les plus riches mettent en place le G6 (puis le ) pour tenter de trouver des solutions à la crise. Le FMI est reconverti en fonds d’aide aux pays en difficulté.

2. L’émergence d’un monde de moins en moins bipolaire

  • en pôles rivaux. La Chine rompt ses liens avec l’URSS ; bien que communiste, la Yougoslavie a plus d’échanges avec l’Ouest qu’avec le CAEM. Le modèle socialiste ne répond pas aux besoins des populations et il finit par s’effondrer en 1991.
  • L’Europe s’affirme comme modèle régional. En 1979, elle adopte le système monétaire européen () – qui donne naissance à l’écu – puis, en 1986, se transforme en .
  • De nouveaux acteurs dotés de puissants moyens apparaissent : les pétromonarchies qui contrôlent les ressources énergétiques, les (FTN) qui contournent les contraintes des États, les qui concentrent les capitaux.

Le modèle occidental s’est adapté, le soviétique n’a pas su le faire. De 1971 à 1991, pour faire face aux nouveaux enjeux de la mondialisation. Quelle gouvernance depuis 1991 ?

III. 1991 à nos jours, une gouvernance mondialisée

1. L’unification économique d’un monde recomposé

  • Victorieux, le capitalisme s’étend à toute la planète. Sous le nom de «  », la Chine s’y convertit discrètement. La Russie entre au FMI en 1992.
  • De nouvelles problématiques (réchauffement planétaire, pollutions, etc.) obligent à repenser les relations internationales sur de nouvelles bases de .
  • L’émergence de – en particulier les pays émergents – et la multiplication des – Union européenne (UE), Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ou encore Marché commun du Sud (Mercosur) – changent la donne.

2. De nouvelles instances au service de la mondialisation

  • Le GATT se transforme en Organisation mondiale du commerce () en 1994, laquelle reçoit pour mission de réguler les échanges.
  • Multilatérale, l’OMC ne parvient pas à contenir les crises. Pour y palier, le G7 s’étend à la Russie ().
  • La crise financière de 2008 impose au monde un élargissement de la gouvernance mondiale aux pays émergents et aux puissances pétrolières. Le – qui intègre aussi la Chine – instaure une gouvernance plus représentative.

3. De nouvelles problématiques et remises en cause

  • Le triomphe du néolibéralisme aide à la croissance mondiale mais creuse les entre États et en leur sein.
  • Les (lutte contre le réchauffement climatique, pollutions, terrorisme, etc.) nécessitent toujours plus de capitaux et d’entente sur leurs usages.
  • L’impatience des plus démunis suscite des critiques et donne naissance à des qui n’hésitent pas à s’opposer, comme à Seattle en 1999 contre l’OMC.

Conclusion

Depuis 1944, la gouvernance économique mondiale a été le . Les grands leaders économiques ont adapté les outils à un monde économiquement plus homogène mais politiquement éclaté.

Les défis n’en restent pas moins colossaux. Les dirigeants du e siècle sauront-ils y  ?

Info

Le Britannique John Maynard Keynes proposait quant à lui une gouvernance mondiale.

Info

La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en fut le laboratoire dès 1951.

Info

La conférence de la Jamaïque en 1976 met un terme au système de change à taux fixes.

Info

En 1979, Deng Xiaoping déclare que les techniques du capitalisme ne sont pas l’apanage de l’Occident.

Info

En 2001, le refus du FMI d’accorder un prêt à l’Argentine provoque la faillite de ce pays.

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